Logements Collectifs

Rue Desaix
(30 logements)

Construction de 30 logements sociaux et commerces en RDC.

© Julien Bruno Mattiet

  • Localisation : Grenoble 38000

  • Maîtrise d’ouvrage : Grenoble Habitat

  • Montant des travaux : 4 590 000 € HT

  • SP : 3 081 m²

  • Concours non lauréat 2018


Situé à la croisée des rues Desaix, Colonel Dumont et Général Rambaud, le terrain triangulaire est perceptible comme une figure de proue échouée. Sa revitalisation urbaine est assujettie à la forme que nous allons initier sur ce terrain pour tisser des liens durables avec le quartier.

Répondre avec un seul bâtiment monolithique implanté à peu près dans les traces du bâtiment actuel n’est pas convaincant. Nous décidons d’en prendre le contre-pied en exploitant le potentiel géométrique de la parcelle. Un triangle c’est trois côtés, c’est trois angles, c’est trois bâtiments comme autant d’ilots qui se mirent les uns dans les autres. L’idée est d’instaurer un dialogue permanent entre les différentes composantes du projet, de qualifier des micro-ambiances urbaines, d’inscrire notre projet dans une nouvelle échelle de quartier, de laisser respirer la parcelle par des incisions dans la masse, d’être au plus bas à l’angle Nord côté rue Desaix pour atténuer les effets de masque sur les immeubles d’habitations voisins. L’épannelage des hauteurs se fait sur trois hauteurs différentes allant de R+5 pour l’immeuble social à R+6 et R+7 pour les immeubles en accession.

Occuper les angles du triangle libère le centre, crée des perméabilités pour saisir des angles de vues inattendues et qui se dispersent entre les bâtiments et laisser passer des regards qui s’échappent au loin dans la ville, pouvoir déambuler en cœur d’ilot, percer la dalle du sous-sol pour planter un arbre, laisser la lumière naturelle entrer au plus profond de ses entrailles. On découvre le jardin d’ombre après avoir franchi le porche, accompagné par cette végétation épaisse et libre qui guide le piéton jusqu’au cœur de la résidence : il découvre alors ce lieu paisible et frais, composé comme une placette conviviale en cœur de l’opération.

 

© Julien Bruno Mattiet

La végétation qui semble reprendre ses droits ici s’installe partout en cœur de l’opération : les toitures des locaux d’activités sont traitées comme des jardins à voir depuis les alentours, les passerelles s’habillent de grimpantes qui joueront le rôle de brise-vent…Sur deux toitures des logements, des espaces de potagers partagés sont proposés.

Notre idée est de créer un morceau de ville à l’échelle de la parcelle, qualifier le vide urbain, offrir à tous des appartements de qualité et tous différents qui ont au moins une double orientation et pour beaucoup d’entre eux, une triple orientation et avec des fenêtres dans les salles de bains pour près de la moitié.

 

L’éclatement de la masse unitaire coupée au cordeau libère le vide au centre donne de l’ampleur à la parcelle, affirme tout son pouvoir de centralité urbaine et de rayonnement sur le quartier. Chaque bâtiment a sa propre identité, sa hauteur différenciée, son gabarit personnalisé, sa modénature. De chaque rue empruntée on saisit les interstices, la profondeur de champ, la lumière intrusive qui, comme une lame tranchante frôle le corps des façades et les irise de ses rayons.

 

Le Socle est un ruban léger et généreusement vitré sur lequel sont suspendues nos trois entités virevoltantes aux formes déhanchées pour esquiver les vis-à-vis, prendre la lumière. Les fenêtres dansent sur les façades, les terrasses sont creusées dans la matière comme si elles étaient extrudées de la masse. Des jardins potagers suspendus sur les toits, des arbustes dans les coursives, des micro jardins qui occupent le vide urbain sur la périphérie de notre parcelle sont autant d’ambiances qui rythment l’espace de notre terrain. Le percement de la dalle en rez-de-jardin connecte physiquement le sous-sol au dispositif urbain, un arbre au centre, majestueux et élancé semble sortir du plus profond du sol pour former une canopée haute et perchée. Il créé l’évènement et redonne de la verticalité au cœur du jardin.

L’adressage des trois entités se fait depuis la rue Colonel Dumont comme une invitation à entrer dans un espace empli de sérénité. Il est pensé comme une transition spatiale douce entre la rue et les halls des immeubles. Il incite à la convivialité à la rencontre entre les habitants, à la mise en sécurité des enfants qui peuvent s’approprier le lieu pour jouer.

Les matières choisies pour construire sont sources d’authenticité et de pérennité. Un double mur béton avec un isolant dans l’entre deux des menuiseries en bois pour les logements, du bois encore pour carrosser les murs des loggias. La minéralité brute accentue l’effet de résonance avec les autres masses minérales qui entourent le site.